Musée haut, Musée bas de Jean-Michel Ribes par les Ateliers du Safran les 26,27,28 juin 2020 a 20h30

 

 

Musée haut, Musée bas de Jean-Michel Ribes

par les Ateliers du Safran

les 26,27,28 juin 2020 a 20h30

 

C’est d’une verve, d’une richesse d’inventions drôles incroyables. Ce n’est pas du tout une critique des musées, c’est une avalanche de situations burlesques situées dans un musée imaginaire et de paroles bouffonnes qui les accompagne. Et les scènes s’enchaînent, jusqu’à un final en apocalypse. Ils sont une foule d’actrices et d’acteurs, tous frappants, tous heureux de jouer ça, si nombreux qu’il n’y a pas la place de les énumérer, c’est cela qui est injuste, mais vous pouvez aller les voir, c’est mieux.

Michel Cournot – Le Monde

 

Dans cette histoire de musée, je ne veux ni donner de leçons, ni faire de commentaires, seulement explorer ce lieu où se rencontrent les muses, où se mêlent l’art et la vie, les mortels et les immortels, dans un ballet émouvant et absurde. J’ai voulu que le public traverse le spectacle comme il visite un musée, sautant de la Peinture Hollandaise aux Dadaïstes, des Antiquités grecques aux Impressionnistes…c’est à dire en traitant chaque scène dans un style de théâtre aussi différent que l’est celui des salles de musée. Conscient que l’art est partout, dans le métro comme à Beaubourg, qu’une sorte d’esthétisation générale recouvre la cité et s’empare des gens et de leur langage sans qu’ils s’en rendent compte (il y a une voiture Picasso, n’importe quel acte est surréaliste et que dire de ce tee-shirt baroque) un peu comme la psychanalyse l’a fait dans les années 1960, je me suis amusé avec cette diffusion tout azimut de l’art. D’autre part dans le combat qui oppose nature et culture, j’ai choisi Venise et je pense que le discours lénifiant de l’écologie comme salvation de l’homme est non seulement barbant mais dangereux pour l’art, c’est-à-dire l’artifice, qui nous a sorti des cavernes et nous a sauvé de ce que le scoutisme vert veut essayer de nous refourguer.

Quand je sens qu’il y a dans ma démarche une volonté de démontrer, j’arrête tout.
Le commentaire analytique terrorise les auteurs, qui se retrouvent pétrifiés comme des lapins devant des phares ! Le raisonnement tue la pensée. Au musée, c’est pareil. Si on nous explique ce que représente La naissance de Vénus de Botticelli, on ne peut plus se retrouver face à elle dans un état créatif.
Le vrai danger est là : ce qui est expliqué est plus petit que ce qui est. Il faut aller ailleurs, il faut sauter dans le vide. On nous dit ce qu’il faut bouffer, ce qu’il faut penser et quel temps il va faire. Il y a un trop-plein de réalité.
Lâchons-nous !

Jean-Michel Ribes

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