Donnez moi de mes nouvelles ou Les dits d’Allain Leprest le samedi 20 mai 2017 à 20h30 au Safran par Lionel Salmon suivi de « Nomades » de et par Gabriela Barrenechea et Lionel Salmon

Donnez moi de mes nouvelles

ou

Les Dits d’Allain Leprest

lionel-salmon-2Samedi 20 mai à 20h30

Théâtre de Poche le Safran

                                  voix : Lionel Salmon

                       Guy Raimbault à l’accordéon

                   Mise en espace : Jean-Luc Placé

« Sans t’avouer que je me manque, donne moi de mes nouvelles »….  c’est par ce texte que j’invite à entrer dans l’univers d’Allain Leprest. Entrer dans son univers en privilégiant la « voix » parlée, comme une parole partagée, comme celle qu’on prend pour parler à l’oreille des passants…

« Sang d’étoiles et fleurs de pavé », enlacées ses textes ont le poids essentiel du vrai réalisme poétique, celui des rencontres des gens et des fumées. Il sait rendre ces moments où l’on donne et l’on se donne. Graffitis des traces humaines dans la ville, cheminot des trains qui n’arriveront jamais, des chemins de traverses plein de nos poussières, Leprest fait des chansons à risque.  C’est ce sang d’étoiles et ces fleurs de pavés que j’ai voulu donner là avec la complicité de Guy Raimbault et Jean-Luc Placé.

Quand la nuit n’a plus soif, Allain Leprest a encore soif de rencontres, d’humanité, de vie quotidienne:      « J’affirme que la plupart de mes chansons ne sont pas gratuites. Même trafiquées, elles viennent de mes rencontres, de récits, de gens existants….On se peint autant qu’on peint. J’ai des autoportraits partout…». Sur le zinc des jours, dans le bistrot de la vie, lui le passager des zincs et des mots, il écrit la fraternité élémentaire, le partage du pain de la tendresse. Je fais mes chansons comme mon père menuisier faisait ses chaises, en artisan exigeant et l’atelier du fils, c’est la rue, la banlieue, les journaux du matin.  Cette phrase nous la re-citons, tant elle sonne comme son art de vivre. Et puis cette strophe qui en dit tant et tant:

« Le temps de finir la bouteille / J’aurai rallumé un soleil / J’aurai réchauffé une étoile / J’aurai reprisé une voile / J’aurai arraché des bras maigres / De leurs destins mille enfants nègres / En moins de deux, j’aurai repeint / En bleu le cœur de la putain / J’aurai renfanté mes parents / J’aurai peint l’avenir moins grand / Et fait la vieillesse moins vieille / Le temps de finir la bouteille … » (« Le temps de finir la bouteille » )

Amour et révolte en un bouquet de mots, de sentiments, de vie authentique, Allain Leprest est au-delà du cliché du « clochard céleste ». A lui tout seul il est le Bateau Ivre qui remonte tous nos fleuves.  « C’est pour l’amour, pas pour la gloire » comme il dit, et il parle pour le futur comme on jette une bouteille à la mer amère, au-delà du présent. Il ne bâtit pas pour le futur, il le fait en communiste convaincu et toujours dans l’utopie.
Il n’est pas le naufragé des scènes, mais le lucide capitaine des pirates de la chanson. Naufrageur de nos sentiments, plus que naufragé lui-même. Il a, insubmersible, survécu à bien des rochers acérés, obstacles de la vie, tuberculose, tumeur au cerveau et il se dresse vivant, encore plus vivant avec l’incendie de ses mots.
Soleil noir qui ne sera jamais révolu, il est « cette torche de talent » qu’avait reconnu Claude Nougaro, qui avait enfin trouvé son frère en « cinémot ».

Allain Leprest est naturellement poète, physiquement poète, celui d’après minuit, marin à quai il traverse les océans de nos existences. Menuiser taillant dans la veine du bois des mots, tatoué du cœur, fragile et immense, il est discret parmi nous demandant seulement: « Donnez-moi de mes nouvelles».

 

Samedi 20 mai à 21 h 30

Théâtre de Poche le Safran

« Nomades »

de et par Gabriela Barrenechea

et Lionel Salmon

 

« Nomades » est le métissage de deux écritures. Celle de Gabriela Barrenechea, chanteuse chilienne, exilée en France depuis décembre 1980, celle de Lionel Salmon venu vivre auprès de la Loire après avoir quitté le sud de la France. Deux univers kaléidoscope  dont les histoires, les images, les mots se rejoignent et laissent à l’oreille les traces des migrations automnales et leurs couleurs multiples en tissant ce lien même infime qui mène d’une rive à l’autre. Où nulle clôture ne barre l’horizon.  Deux pages de couleurs ouvertes sur un monde où la poésie puise sa vivacité dans la vie quotidienne.

UN ESPACE DE CREATION ET DE SPECTACLE – ATELIER DE FORMATION

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